Régime national d’assurance-médicaments : centraliser les ressources là où les besoins sont les plus criants

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Lydia LanmanLe blogue du jour nous est offert par Lydia Lanman, gestionnaire principale, Politiques et relations gouvernementales chez Lilly Canada.

Une grande partie du débat sur le régime national d’assurance-médicaments est axée sur une question clé : qui devrait être couvert par un tel régime?

Dans mon dernier blogue, je me suis penchée sur l’assurance-médicaments au Canada. En général, les nouvelles sont bonnes : la majorité des Canadiens possède une quelconque forme de couverture. Toutefois, certains Canadiens n’ont aucune assurance-médicaments, alors que d’autres sont couverts, mais demeurent aux prises avec des défis financiers quand vient le temps d’obtenir les médicaments dont ils ont besoin.

Lilly s’emploie à trouver des solutions pour aider les Canadiens qui ont le plus besoin de soutien. C’est pourquoi nous croyons que toute option relative au régime national d’assurance-médicaments devrait chercher à combler ces « lacunes ». Un autre modèle possible serait de proposer un régime public d’assurance-médicaments dit « universel », où le gouvernement payerait les coûts des médicaments pour tous les Canadiens, et ce, peu importe leur situation personnelle.

La question actuellement débattue, à savoir qui devrait être couvert par un régime national d’assurance-médicaments, devrait en fait se rattacher à une question plus large et plus importante relative au contrat social du Canada : à quoi le gouvernement devrait-il consacrer ses ressources?

En vertu du contrat social du Canada, le gouvernement tend à soutenir les personnes les plus vulnérables de la société. Tous les paliers de gouvernement au Canada ont mis au point des programmes et des politiques variés, et ont ciblé les ressources publiques afin de protéger les Canadiens contre l’incapacité de payer. Les programmes financés par le gouvernement, tels que l’aide au revenu et les subventions pour la garde des enfants, sont des exemples concrets du contrat social canadien. Le gouvernement fédéral a réitéré cet engagement dans ses lettres de mandat ministériel par les propos suivants : « Nous nous sommes engagés à fournir une aide plus directe aux personnes dans le besoin en donnant moins aux plus riches. »

En tant que dépositaires des ressources gouvernementales, les régimes publics d’assurance-médicaments collaborent avec des compagnies pharmaceutiques comme Lilly, par l’entremise de l’Alliance pancanadienne pharmaceutique (APP), en vue de négocier les prix des médicaments. Les négociations de l’APP font économiser deux milliards de dollars par année aux régimes d’assurance-médicaments financés par le gouvernement, ce qui leur permet d’étirer quelque peu les budgets qu’ils s’étaient fixés. La portée de ces économies est directement reliée à la différence de prix qui est constatée entre les marchés pharmaceutiques privé et public du Canada. Par l’entremise de l’APP, et grâce à la couverture des médicaments offerte par le régime gouvernemental, plus de ressources sont consacrées aux personnes vulnérables ayant besoin d’un plus grand soutien.

Les fabricants de médicaments accordent ces réductions au gouvernement selon le type de patients couverts, notamment les personnes âgées, les assistés sociaux et les personnes qui doivent assumer des coûts de médicaments élevés par rapport à leur revenu. Si les entreprises consentent des réductions au gouvernement, c’est parce que ce dernier absorbe plus de 70 % des dépenses en soins de santé pour tous les Canadiens. Le ciblage des ressources est essentiel pour donner des chances égales aux personnes dont l’état de santé pourrait souffrir d’un faible revenu ou d’une incapacité de payer. Des données de l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS) montrent que les personnes dont les revenus sont les plus bas présentent les pires résultats pour la santé. Reconnaissant la complexité de ce problème, l’ICIS a conclu que les lacunes présentes dans le domaine des soins de santé pourraient être comblées si nous ciblons spécifiquement les ressources dans les domaines de la santé, du revenu et des services sociaux destinées aux personnes qui en ont le plus besoin.

Dans les faits, un régime d’assurance-médicaments universel et à payeur unique mettrait fin aux couvertures offertes sur le marché de l’assurance privée. De ce fait, les réductions qui sont actuellement accordées au gouvernement par les entreprises pharmaceutiques seraient réparties dans toute la population plutôt que d’être affectées aux Canadiens qui en ont le plus besoin.

Un régime national d’assurance-médicaments qui s’attache à combler les lacunes en matière de couverture des médicaments – et qui permet aux régimes publics d’obtenir des médicaments à des prix préférentiels moins élevés – cadre avec le contrat social plus large du Canada. Chez Lilly, nous croyons que ces modèles constituent la meilleure façon de continuer à procurer des médicaments nouveaux et novateurs aux Canadiens qui nécessitent le plus de soutien.

Pour lire la réponse intégrale de Lilly à la consultation concernant le régime national d’assurance-médicaments, cliquez ici.