À la veille du Conseil de la fédération qui tiendra du 24 au 26 juillet en Ontario

EN

Dans mon blogue d'aujourd'hui, à la veille du Conseil de la fédération qui tiendra du 24 au 26 juillet et dont l'hôtesse sera la première ministre de l'Ontario, Kathleen Wynne, j'ai pensé faire un tour d'horizon de certains enjeux en santé dont nous avons parlé amplement ici, sur LillyPadCA, et qui ont également fait l'objet de discussions entre les décideurs, les politiciens et les commentateurs.

Alors que les provinces cherchent des moyens de réaliser des économies, leur attention se tourne inévitablement vers le système de santé canadien. Compte tenu des défis sur le plan démographique, de la modification des formules de financement en santé utilisées par le gouvernement fédéral et de l'introduction de nouvelles technologies ayant des effets perturbateurs, dont les soins de santé personnalisés, il est tout à fait compréhensible que l'on se penche sur la proposition de valeur en matière de dépenses en santé, une approche qui est par ailleurs approuvée par les contribuables et les entreprises.

Plus particulièrement, certains décideurs soutiennent que les dépenses en médicaments sont trop élevées au Canada comparativement à d'autres pays développés et, dans certains cas, que ce phénomène est attribuable à l'augmentation des prix. Différentes solutions à ce problème sont actuellement proposées, y compris l'achat en vrac, des régimes d'assurance médicaments nationaux ainsi que diverses stratégies d'approvisionnement en médicaments. Malheureusement, la plupart de ces propositions manquent la cible en ce qui a trait aux économies à long terme en santé, car un grand nombre sont axées sur des économies à court terme et, en fait, ne tiennent pas compte des besoins des patients ou des données dans leur ensemble.

Examinons ces enjeux et quelques autres commentaires s'y rapportant.

Premièrement - limiter l'accès aux nouveaux médicaments innovateurs :

Récemment, Yanick Labrie, de l'Institut économique de Montréal, commentait cette question dans le quotidien National Post et, plus tard, dans un article de son blogue publié sur le site du Huffington Post. Selon Labrie, les données de l'Institut canadien d'information sur la santé (ICIS) confirment que ce n'est pas le prix des médicaments innovateurs qui est en cause dans l'augmentation des dépenses au fil du temps, mais plutôt le volume.

J'ai déjà abordé cette question sur mon blogue sur LillyPadCA et j'ai pris note de certaines constatations de l'ICIS :

  • Les médicaments innovateurs ne représentent qu'une petite partie du budget provincial global en matière de santé. Par exemple, les données de l'ICIS pour l'Ontario montrent que les médicaments innovateurs ne représentent qu'environ 5 % du budget global en matière de santé.
  • En ce qui concerne les prix réglementés par le CEPMB, entre 2009 et 2010, les prix des médicaments brevetés ont diminué en moyenne de 0,4 %, affichant une croissance inférieure à l'indice des prix à la consommation (IPC).

Dans un autre article faisant suite au premier, Labrie a également examiné les données relatives aux stratégies de compression des coûts, comme l'achat en vrac, qui n'ont pas produit les économies escomptées et, dans bien des cas, ont eu pour conséquence de causer des pénuries de médicaments et de limiter grandement l'accès aux nouveaux médicaments pour les patients. Comme je l'ai souligné précédemment, il s'agit d'une approche à court terme qui est axée sur les coûts plutôt que sur les patients.

Pourtant, certains décideurs continuent à chercher de nouveaux moyens de limiter l'accès des patients aux nouveaux médicaments. La problématique de cette approche est qu'elle néglige de reconnaître que les nouveaux médicaments améliorent les résultats sur le plan de la santé et ont tendance à réduire les dépenses globales en matière de soins de santé. En fait, dans un grand nombre de cas, les nouveaux médicaments s'avèrent plus économiques que d'autres procédures plus onéreuses.

Dans mon prochain blogue, je ferai un autre tour d'horizon des questions relatives à l'innovation progressive et des bienfaits pour les patients au-delà des dépôts de brevets initiaux.